
LE DRAPEAU CENTRAFRICAIN
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En partant du principe que tous les drapeaux
ont plusieurs significations, celui du Centra-
frique ne fait pas exception. L’un des -le plus
coloré de l’Afrique, on peut sans risque de se
tromper, distinguer deux périodes dans les significations des couleurs de la bannière centrafricaine.
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Au temps de Boganda
Lors de la présentation du drapeau par Barthélemy BOGANDA, le 1er décembre 1958 à la session de l Assemblée législative et son adoption officielle par cette dernière, la bannière centrafricaine se présente comme un mélange des couleurs du drapeau français : Bleu-Blanc-Rouge, et l’Afrique et des couleurs panafricaines : Vert- Jaune-Rouge,- la volonté de Boganda de maintenir un lien de fraternité et de coopération entre l’Europe (, Yann François 2013). A ce niveau, le rouge qui apparait dans les bannières des deux entités symbolise la couleur commune. N’oublions pas qu’à cette époque, dans la vision fédératrice de Boganda, la République Centrafricaine devrait être la capitale des Etats- Unis d’ Afrique. Il faut se référer à l’emblème, à l’armoirie de la Centrafrique. Au milieu du bouclier, dans le petit carré rouge, nous voyons la carte de l’Afrique, surchargé d’une étoile qui indique la place centrale de la Centrafrique au cœur de l’Afrique.
Les couleurs panafricaines et françaises sont le symbole de l’amitié entre les deux peuples et la volonté de maintenir entre l’Afrique et l’Europe un état d’esprit de fraternité et de coopération (diakadi.com).
L’étoile jaune est la représentation de l’unité et de la bonne entente entre les peuples au-delà des périodes de trouble récurrentes. Elle guide aussi les pas du peuple noir vers la liberté et l’émancipation
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Après Boganda
Au mois d’août 1960, les pays de l’Afrique Équatoriale Française (A.E.F) accèdent successivement à l’indépendance : Tchad (11 août 1960) ; RCA (13 août 1960) ; Congo Brazzaville (15 août 1960) ; Gabon (17 août 1960) et les donnes ont changé, la vision de Boganda n’est pas réalisée. Les Etats – Unis d’Afrique n’ont pas été créés. La Centrafrique garde cependant le drapeau en l’état. Une autre signification des couleurs s’impose :
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La couleur bleu symbolise le Congo et l’océan
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Le blanc correspond au Tchad et son coton
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La couleur verte pour le Gabon et ses forêts (Forêt équatoriale)
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La couleur jaune représente la Centrafrique et ses richesses minérales
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Le Rouge symbolise le sang versé par tous les martyrs dans la lutte pour l’indépendance.
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D’autres significations des couleurs prises distinctement.
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Le Bleu signifie : le ciel, la liberté, l’immensité, la grandeur, la sérénité
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Le Blanc représente : la paix, la naïveté, la pureté, la franchise, la bravoure, la confiance, la dignité, l’égalité
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Le vert symbolise l’espoir, la croyance et la foi,
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Le Jaune est le symbole de l’unité, de la bonne entente et de la tolérance
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Le rouge, bien qu’il soit considéré par Boganda, comme la couleur commune entre les couleurs africaines et celles françaises, il symbolise aussi le sang des martyrs, de tous ceux qui ont lutté pour l’indépendance.
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L’étoile : la liberté.
Alphonse KOSSI - 16/08/2016

LU POUR VOUS
Le Ministre de l’Economie et du Plan, Félix Moloua, s’assure de la progression des chantiers financés par la BAD


FEMME CENTRAFRICAINE
AUJOURD'HUI
MADAME THÉRÈSE DEJEAN, 1 ÈRE FEMME MAGISTRATE DE CENTRAFRIQUE.
Madame Thérèse Dejean, née Yékawè, est sans nul doute l'une des premières grandes dames qui ont marqué de leur empreinte l'histoire de la magistrature judiciaire en Centrafrique au lendemain de l'indépendance.
Née à Mobaye le 28 décembre 1946, de son père Jean Wazoua du village Kumbu-Agundu (appelé aussi Nguba) et de sa mère Henriette Moye, elle
partit à l'âge de 4 ans à Brazzaville (ex-Moyen-Congo) avec sa tante Louise Guerengoumba où elle entra au jardin d'enfants. L'usage dans cet établissement tenu par des religieuses, exigeait de couper les cheveux aux filles. Cela déplut à sa tante qui la retira de la maternelle pour l'inscrire dans un autre établissement au quartier Poto-Poto. La famille déménagea par la suite à Kinshasa (ex-Léopolville). Mais la petite continuait à fréquenter l'école à Poto-Poto, en traversant chaque jour le fleuve Congo.
En 1957, retour à Mobaye puis à Bangui. En 1958, elle entra en classe de CE2 à l'école Ménagère des filles dont la directrice s'appelait Marie-Jeanne Caron. En 1959, elle monta en CM1. La directrice ayant décelé chez elle un niveau intellectuel très avancé, la sauta de classe, le CM2, en la présentant directement au concours d'entrée en 6 ème. Ainsi, à la rentrée d'octobre 1959-1960, elle fut admise au Collège des jeunes filles de Bangui qui avait déjà un internat. L'établissement deviendra par la suite, en 1963, le lycée Marie-Jeanne Caron.
A cette époque, il y avait dans le gouvernement Dacko, le ministre des Affaires étrangères, Maurice Dejean, fils d'un Corse, Fieshi Vivet, et d'une Centrafricaine, Joséphine Yamongbeto, originaire de Mobaye (Basse-Kotto). Celui-ci est épris de la jeune Thérèse Yekawe qu'il épousa en avril 1963. Un mariage grandiose animé par l'orchestre Vibro Mayos de Prosper Mayele, dans les jardins de la résidence du couple au quartier Castors. La lune de miel se passa en Israël en même temps que Monsieur Maurice Dejean était nommé ambassadeur. Là-bas, à Jérusalem, naquit leur premier fils, Patrick Arthur, puis le cadet, François Bruno, l'année d'après. Les deux garçons furent baptisés en présence de leurs parents...dans le Jourdain. Un souvenir qu'ils évoquent aujourd'hui avec une pointe de fierté, d'autant plus que pour eux, c'est une bénédiction d'être baptisés par immersion dans l'eau du Jourdain comme Jésus. La maman, quant à elle, mit à profit ses deux années en Terre Sainte (1963-1965) pour fréquenter le Lycée français de Tel-Aviv où elle obtint son BEPC.
Après Israël, Maurice Dejean rentra à Bangui en décembre 1965, car à la demande du président David Dacko, il devrait aller ouvrir l'ambassade de la RCA en Grèce et en Turquie. Auparavant, il y eut la fête de Noël ; puis, vint celle du nouvel an, avec une grande réception organisée au domicile du procureur de la république, Honoré Willickond, au quartier Ngaragba. Cette nuit là, tous les convives étaient sur la piste de danse y compris l'ambassadeur Dejean et son épouse. Les militaires investirent aussitôt les lieux. L'un d'eux tira une balle...dans le tas. Atteint à l'abdomen, Maurice Dejean succombera à ses blessures quelques heures plus tard, dans l'après-midi, à l'hôpital général de Bangui, victime innocente du coup d'Etat militaire de la Saint-Sylvestre dirigé par le colonel Jean-Bedel Bokassa. Ce fut le début de calvaire pour la veuve, Thérèse Dejean, qui venait de célébrer ses 19 ans, 72 heures auparavant. Enceinte de cinq mois, elle accouchera en avril 1966 dans des conditions éprouvantes d'une fille, Mauricette, de son petit nom, Vicko (ce qui signifie, née d'un père mort avant l'accouchement). Dormant à même le sol avec un seul pagne, madame Dejean dut endurer, la mort dans l'âme, les traitements dégradants infligés d'ordinaire aux veuves et veufs, comme le veut la tradition en vigueur dans certaines ethnies en Centrafrique. Profondément marquée par cette douloureuse épreuve, elle réussit néanmoins, en 1967, à passer brillamment le concours d'entrée à l'Ecole Nationale d'Administration (ENA), section judiciaire, dont le directeur était un Français, Maurice Espinasse. L'on comptait aussi dans sa promotion baptisée "Développement", deux autres dignes filles du pays, Marie Charlotte Fayanga (épouse Aguide) et Madame Jeanne Colette Mavolomade.
En 1969, après sa sortie de l'ENA, Thérèse Dejean fut nommée greffier, chef de service du personnel au ministère de la Justice.
En 1970, elle obtint une bourse du Fonds d'Aide et de Coopération pour l'IIAP (Institut International d'Administration publique) de Paris, couronné par un diplôme, section judiciaire.
Ensuite, ce sera une fulgurante ascension dans le domaine de la magistrature judiciaire comme en témoigne son riche parcours :
- 1974-1977, Procureur de la république près le Tribunal de Grande Instance de Bangui après avoir été successivement juge d'Instruction près le Tribunal militaire permanent et Commissaire du gouvernement près le dit Tribunal.
- 1978. Membre fondateur et secrétaire adjointe de la Fédération Africaine des Femmes Juristes, créée à Dakar, au Sénégal. A ce titre, elle a participé à tous les congrès de la dite Fédération notamment à Dakar (Sénégal) en 1982, Lagos (Nigeria) en 1984, Abidjan (Côte d'Ivoire) en 1989, Libreville (Gabon), en 1992, Yaoundé (Cameroun) en 1994.
- 1977-1984. Directeur des Affaires criminelles et des Grâces.
- 1984-1986. Directeur des Affaires Civiles et du Sceau au Ministère de la Justice.
- 1986-1992. Directeur Général des Services Judiciaires au Ministère de la Justice.
- 1991-1995, Expert Juriste, Membre de la Commission Nationale chargée de la Rédaction du code des personnes et de la famille.
- 1992-1996. Inspecteur des Services Judiciaires au Ministère de la Justice.
- 1996-1999. Conseiller à la Cour Constitutionnelle.
- 1999-2003. Chef de l'Unité Justice et Coordinatrice des Programmes d'Assistance Judiciaire à la Mission des Nations-Unies pour les Droits de l'Homme au Burundi.
- 1992-1999, présidente fondatrice de l'Association des Femmes Juristes de Centrafrique (AFJC) pour la défense et la protection de la femme centrafricaine en matière de droit, regroupant en son sein, mesdames Danielle Darlan, Catherine Samba-Panza, Isabelle Gaudeuille, Joséphine Dejean, Marie-Edith Douzima etc. Notons que pour sa création, L'AFJC a bénéficié de l'appui financier et logistique de l'ambassade d'Allemagne, des Etats-Unis, du PNUD et du FNUAP. Le ministère de la Justice ayant fourni le premier local servant de bureau.
- 1994. Membre fondateur de l'Union des Associations des Femmes Juristes de l'Afrique Centrale (UN. AFJAC) avec son siège à Ndjamena, au Tchad.
Madame Thérèse Dejean fut également :
- Membre de l'Amicale des Magistrats de Centrafrique
- Consultante indépendante de la Commission Européenne ( Rubrique Démocratie - Droits de l'Homme).
- Membre du Comité International des Observateurs électoraux pour les élections présidentielles de 1992 et 1993 en RCA.
- 2005-2010, Conseillère auprès de SESAME (Service d'Ecoute, de soutien, d'Accompagnement pour un meilleur Epanouissement) une association française de conseils et soutiens aux personnes à la recherche de l'emploi.
- A son actif, de nombreux séminaires et voyages d'études notamment sur l'application des principes des droits humanitaires dans les pays francophones ainsi que sur les systèmes judiciaires allemand, américain etc.
Ses 30 années de vie professionnelle dont 27 passées au service de la nation lui valurent 3 distinctions honorifiques :
- Chevalier dans l'ordre du mérite centrafricain.
- Officier dans l'ordre du mérite centrafricain.
- Commandeur dans l'ordre du mérite centrafricain.
Madame Thérèse Dejean est mère de 6 enfants (dont 3 avec Maurice Dejean et 3 avec Alphonse Koyamba). Aujourd'hui retraitée à la fin d'une carrière bien remplie (magistrat hors hiérarchie), elle partage le bonheur familial avec ses 20 petits enfants et 2 arrières-petits enfants tout en continuant d'apporter amour et assistance à son semblable. La dessus, son entourage ne tarit pas d'éloges notamment sur son humilité, sa bonté de cœur, son intégrité, son esprit de famille...Des qualités accentuées par une foi chrétienne inébranlable ce, à travers sa confession catholique.
(Source photos: famille Dejean. Merci pour la précieuse collaboration). FYZ
MADAME THÉRÈSE DEJEAN, 1 ÈRE FEMME MAGISTRATE DE CENTRAFRIQUE

Bangui – Le Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération, Félix Moloua, a effectué, mercredi 28 décembre à Bangui, une tournée des chantiers bénéficiant d’un financement de la Banque Africaine de Développement (BAD) et a constaté qu’il y a des chantiers qui progressent, d’autres qui peinent à avancer et une dernière catégorie de chantiers dont les travaux se sont purement et simplement arrêtés.
L’objectif de la visite du membre du gouvernement sur ces différents chantiers est de s’assurer de la progression des travaux conformément aux délais d’exécution, afin de prétendre à la crédibilité aux yeux du bailleur.
Le Ministre Félix Moloua a constaté que certains chantiers sont exposés aux contraintes naturelles. Il s’agit des cas de construction de bâtiments scolaires R+1 au Lycée Technique Féminin (LTF) et dans l’enceinte de la Jeunesse Pionnière Nationale (JPN) de SICA II, dans le 2ème Arrondissement de Bangui.
Les fosses de 1,50 mètre destinées aux fondations en béton sont perpétuellement inondées du fait d’un sol marécageux.
Sur les chantiers où les travaux se sont arrêtés, les entrepreneurs ont soutenu qu’ils ont démarré avec des fonds propres et qu’à l’heure actuelle, les fonds relevant des accords n’ont pas été décaissés. Il s’agit de l’extension du Laboratoire Lavoisier à l’Université de Bangui et la construction de salles de classe et de clôture au centre social de Fouh, dans le 4ème Arrondissement de Bangui.
Félix Moloua a suggéré une rencontre rapide entre les responsables de ces entreprises en difficulté et les banques dans le but de crédibiliser les entreprises nationales auxquelles il est reproché beaucoup de failles entre les marchés et les délais d’exécution.
Les chantiers visités par le Ministre Moloua sont ceux de la JPN de Mandjo, à 65 km sur l’axe Bangui-Boali, du Lycée de Gobongo, dans le 4ème Arrondissement de Bangui, du Lycée Technique et de l’Ecole des Métiers d’Art, dans le 1er Arrondissement de Bangui, du Lycée Technique Féminin et de la JPN de SICA II, dans le 2ème Arrondissement de Bangui, enfin, celui de la JPN à Nzila, à 10 km sur l’axe Bangui-Mbaïki.
La plupart des travaux sur ces sites concernent la construction d’infrastructures telles que les salles de classe.
En plus des salles de classe, les chantiers de la JPN ont également intégré des logements administratifs, des dortoirs et réfectoires ainsi que des bâtiments pour les activités d’élevage. Ce sont des porcheries, des bergeries et des poulaillers.
De manière générale, les délais d’exécution de ces programmes est de six mois. La date butoir est fixée à fin mai 2017. C’est pourquoi le Ministre Moloua a sommé les retardataires de tout mettre en œuvre pour combler les retards.
Alain-Patrick MAMADOU / ACAP
